
Reporting outplacement : les indicateurs qui font renouveler vos missions
Adhésion, solutions identifiées, délai de reclassement : les indicateurs à suivre en outplacement, ce qu’il ne faut pas partager et un modèle de tableau de bord.


Enzo Aumaitre
Chargé de projet digital
Passionné par le digital et la communication, j’aime rendre les sujets liés à l’accompagnement et à l’innovation accessibles et concrets. Chez MyTalents, je participe au développement de notre visibilité, à la création de contenus et à l’animation de notre communication. Mon objectif : valoriser nos projets, partager nos avancées et créer du lien avec notre communauté.
Suivre sur LinkedInÀ retenir
- –Le reporting est ce que le client voit de votre accompagnement : c’est un argument commercial.
- –Suivez trois familles d’indicateurs : activité, résultats et satisfaction.
- –Définissez avec le client ce qui compte comme une « solution identifiée » dès le lancement.
- –Ne transmettez que des données agrégées : la confidentialité des bénéficiaires n’est pas négociable.
Dans une mission d’outplacement, il y a deux personnes à satisfaire. Le bénéficiaire, évidemment. Et le client entreprise, qui finance l’accompagnement et qui, à la fin, décidera de vous confier (ou non) la prochaine mission.
Or le client ne voit pas vos rendez-vous. Il ne voit pas la confiance que vous avez reconstruite avec un salarié en colère, ni le déclic d’une personne qui trouve enfin sa voie. Ce qu’il voit, c’est votre reporting.
Un bon reporting d’outplacement n’est donc pas une corvée administrative. C’est un argument commercial. Voici les indicateurs à suivre, ceux à ne surtout pas partager, et un modèle de tableau de bord prêt à l’emploi.
Pourquoi le reporting fait (souvent) la différence
Côté entreprise, financer un outplacement est un engagement fort, à la fois budgétaire, social et d’image. La DRH doit pouvoir rendre des comptes à sa direction, au CSE et parfois à l’administration. Elle a donc besoin de données fiables, régulières et faciles à comprendre.
Un cabinet qui fournit ces données sans qu’on les lui réclame :
- rassure son client pendant la mission,
- facilite les comités de suivi,
- prouve son efficacité au moment du bilan,
- et se positionne pour la mission suivante.
À l’inverse, un reporting en retard, incomplet ou qui change de format à chaque envoi laisse une impression de manque de maîtrise, même si l’accompagnement est excellent.
Les indicateurs d’activité : est-ce que ça avance ?
Ce sont les indicateurs du quotidien. Ils montrent que la mission est bien engagée.
- Taux d’adhésion : part des salariés éligibles qui ont accepté l’accompagnement. C’est souvent le premier chiffre demandé, en particulier dans un PSE.
- Délai du premier rendez-vous : nombre de jours entre la notification et le premier entretien. Plus il est court, plus l’adhésion est forte.
- Nombre de bénéficiaires actifs : personnes ayant eu au moins un contact sur le dernier mois.
- Assiduité : rendez-vous honorés et rendez-vous annulés ou non honorés.
- Répartition par phase : combien de personnes en bilan, en construction de projet, en recherche active, en formation, en création.
- Taux de décrochage : bénéficiaires sans nouvelles depuis plus de 30 jours. C’est un signal d’alerte à traiter avant qu’il ne devienne un échec.
Les indicateurs de résultat : est-ce que ça marche ?
C’est le cœur du sujet. Ce sont ces chiffres que l’entreprise présentera à sa direction.
- Taux de solutions identifiées : part des bénéficiaires ayant trouvé une issue. Point crucial : définissez avec le client ce qui compte comme une solution dès le lancement. CDI ? CDD de plus de 6 mois ? Création d’entreprise ? Entrée en formation qualifiante ? Départ à la retraite ?
- Répartition par type de solution : emploi salarié, création ou reprise d’entreprise, formation, retraite, autre.
- Délai moyen de reclassement : temps entre le début de l’accompagnement et la solution.
- Qualité des solutions : niveau de rémunération comparé au poste précédent, type de contrat, mobilité géographique. À manier avec prudence et toujours de façon agrégée.
- Maintien dans l’emploi : situation à 3 ou 6 mois après la prise de poste. Peu de cabinets le suivent, c’est un vrai facteur de différenciation.
Les indicateurs de satisfaction : comment c’est vécu ?
Les chiffres ne disent pas tout. Le client veut aussi savoir comment ses anciens salariés vivent l’accompagnement, car ils parleront de l’entreprise après leur départ.
- Satisfaction globale (note sur 10 ou NPS) recueillie à mi-parcours et en fin d’accompagnement.
- Verbatims anonymisés : deux ou trois citations bien choisies valent souvent mieux qu’un long tableau.
- Satisfaction par module : ateliers collectifs, rendez-vous individuels, ressources en ligne. Utile pour ajuster le dispositif en cours de route.
Ce qu’il ne faut PAS mettre dans un reporting
C’est un point sur lequel les cabinets se font parfois piéger. L’accompagnement repose sur la confidentialité. Le bénéficiaire doit pouvoir se livrer sans craindre que ses propos remontent à son ancien employeur.
À ne jamais transmettre au client :
- le contenu des échanges, les difficultés personnelles, l’état de santé ou la situation familiale,
- les résultats individuels de tests de personnalité ou de motivation,
- les pistes de projet non validées par le bénéficiaire,
- toute donnée individuelle nominative sans l’accord explicite de la personne.
👉 La règle d’or : reporter des données agrégées, et ne partager des informations individuelles qu’avec l’accord du bénéficiaire et uniquement si c’est nécessaire (par exemple pour déclencher un financement de formation). C’est aussi une exigence du RGPD : minimisation des données, finalité claire, accès limité.
Pour en savoir plus, consultez nos engagements en matière de sécurité des données.
À quelle fréquence et sous quel format ?
Il n’y a pas de règle unique, mais un rythme qui fonctionne bien :
- Hebdomadaire pendant les premières semaines d’un PSE : adhésions, premiers rendez-vous, alertes.
- Mensuel ensuite : activité, répartition par phase, solutions identifiées.
- Trimestriel pour les comités de suivi : synthèse complète avec résultats, satisfaction et faits marquants.
- Bilan de fin de mission : un document de synthèse soigné, qui servira aussi de référence commerciale.
Côté format, la règle est simple : une page de synthèse lisible en 2 minutes, et le détail en annexe pour ceux qui le veulent. Gardez toujours la même structure d’un envoi à l’autre pour que le client puisse comparer.
Modèle de tableau de bord outplacement
Voici une structure simple, à adapter à chaque mission :
| Bloc | Indicateur | Ce mois | Cumul |
|---|---|---|---|
| Activité | Salariés éligibles | – | 120 |
| Activité | Bénéficiaires ayant adhéré | 8 | 102 (85 %) |
| Activité | Bénéficiaires actifs | – | 87 |
| Activité | Rendez-vous réalisés | 164 | 610 |
| Phases | En bilan / projet / recherche / formation | – | 18 / 25 / 31 / 13 |
| Résultats | Solutions identifiées | 6 | 15 |
| Résultats | dont CDI / CDD > 6 mois / création / formation | – | 7 / 3 / 2 / 3 |
| Résultats | Délai moyen de reclassement | – | 4,2 mois |
| Satisfaction | Note moyenne (sur 10) | – | 8,4 |
| Alertes | Sans contact depuis 30 jours | 4 | – |
Les chiffres sont fictifs, donnés à titre d’exemple.
Ajoutez sous le tableau trois lignes de commentaire : ce qui avance bien, les points de vigilance, les actions prévues le mois suivant. C’est souvent la partie que le DRH lit en premier.
Automatiser plutôt que ressaisir
Le vrai problème du reporting, ce n’est pas de savoir quoi mesurer. C’est le temps passé à collecter les données auprès de chaque consultant, à les consolider dans un fichier et à refaire les graphiques chaque mois.
Quand les parcours, les rendez-vous et l’avancement des bénéficiaires sont suivis dans une même plateforme, la plupart de ces indicateurs se calculent tout seuls. Sur MyTalents, les statistiques par mission et par entreprise sont disponibles en temps réel : vous gardez votre temps pour l’analyse et le commentaire, ce qui a vraiment de la valeur pour votre client.
Conclusion
Votre reporting est la vitrine de votre accompagnement. Bien construit, il rassure le client, simplifie les comités de suivi et prouve votre valeur au moment où l’entreprise choisira son prochain prestataire. Choisissez peu d’indicateurs, définissez-les avec le client, protégez la confidentialité des bénéficiaires et automatisez tout ce qui peut l’être.
Vous gérez une mission de grande ampleur ? Découvrez aussi comment organiser un outplacement collectif.
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Questions fréquentes
Quels sont les indicateurs clés d’un outplacement ?
Les trois indicateurs les plus suivis sont le taux d’adhésion, le taux de solutions identifiées et le délai moyen de reclassement. Ils sont complétés par des indicateurs d’activité (rendez-vous, phases) et de satisfaction.
Peut-on transmettre des informations individuelles à l’employeur ?
Uniquement avec l’accord du bénéficiaire et si c’est nécessaire. Par défaut, le reporting doit rester agrégé pour préserver la confidentialité de l’accompagnement et respecter le RGPD.
Qu’est-ce qu’une « solution identifiée » en outplacement ?
C’est une issue positive au parcours du bénéficiaire. La définition varie selon les missions : CDI, CDD de plus de 6 mois, création d’entreprise, formation qualifiante, départ à la retraite. Elle doit être fixée avec le client dès le lancement de la mission.


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